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INTERVIEWS

 

 

 

 

 

 

 

 

Les dessins de la semaine

 

 

 

 

 
 
Interview réalisée par Marc Bauloye, pour BDencre.com
 
A l'occasion de la sortie de son album Neuf mois, Nicolas Vadot a bien voulu m'accorder une interview exclusive. Neuf mois raconte les angoisses de Colin qui va être père. C'est un extraordinaire voyage onirique. Pour accepter l'arrivée du bébé, Colin doit vaincre les peurs qui l'habitent. Nicolas Vadot réalise ici une histoire forte, au graphisme superbe, qui mérite largement le détour...
 
Marc Bauloye: Ce récit est-il autobiographique ?
 
Nicolas Vadot: Oui, en partie. Il y a deux ans, j'ai eu une petite fille et mon fils est âgé de six semaines. Il y a aussi une part de fiction dans le scénario. Quand je fais de la BD, j'essaie de raconter mon histoire en donnant l'impression au lecteur que je lui raconte la sienne... Ce qui m'intéressait surtout ici, c'était le cheminement intérieur du futur père, que j'ai vécu.
 
MB: Avez-vous réagi comme le personnage de la BD qui ne communique pas avec sa femme ?
 
NV: Oui, dans une certaine mesure. En effet, la future mère a ses propres questionnements. Elle doit appréhender des changements physiques, puis psychiques. Donc, le futur père doit tenter de la sécuriser le plus possible. Mais il ressort de cela un léger sentiment de frustration, face à ce bébé que l'homme ne "sent" pas comme la femme, concrètement. Lui, il n'a rien d'autre à faire qu'attendre et il se sent un peu seul !
 
MB: Avez-vous une expérience personnelle de psychothérapie ou de psychanalyse ?
NV: Oui, pendant trois ans, une fois par semaine. Il y a quelques années. Cela m'a beaucoup apporté. Une psychothérapie n'a absolument pas pour but de vous guérir mais plutôt de vous mettre face à vous-même. Elle vous fait comprendre comment vous fonctionnez, pour ce qui va bien ou moins bien...
 
MB: Qu'avez-vous ressenti après avoir réalisé Neuf mois ?
NV: De la fatigue, comme après chaque album ! Plus sérieusement, j'étais content, mais je suis très vite passé à la suite. Je suis complètement absorbé dans mon album lorsque je le réalise. Après, je passe à autre chose. Je m'y replonge au moment de la sortie et de la promotion. Et aussi entre les deux, quand je fais les bonus et le making-of pour mon site internet. En revanche, après chaque album, je me fais une compilation musicale des CD que j'ai le plus écouté durant la réalisation. Quand j'écoute ces airs de musique, les souvenirs de création remontent à la surface et me replongent à l'époque de la création. Généralement, c'est un grand plaisir, un tantinet nostalgique.
 
MB: Comment vous vient l'inspiration ?
NV: Je ne sais pas, et c'est tant mieux. C'est un processus indescriptible, qui combine curiosité, absorption culturelle et sociale, questionnements personnels... C'est comme la recette du Coca-Cola: personne ne la connaît exactement, ce qui lui confère son mystère et sa longévité !
 
MB: Pourquoi avez-vous choisi de faire de la bande dessinée ?
NV: C'est venu après le dessin de presse; quand j'étais étudiant. Puis, j'ai appris à apprivoiser le médium, très riche en terme narratif. De plus, la BD est à mon avis le meilleur vecteur pour deux genres que j'adore pratiquer: la fable et le conte onirique.
 
MB: Graphiquement, avez-vous été influencé par certains dessinateurs et scénaristes ?
NV: J'ai toujours aimé les auteurs ayant le sens de la mise en scène, avec de vraies intentions "grand spectacle" comme Boucq, de Crécy ou Bézian. Au départ, cependant, je lisais très peu de BD, car j'ai une mère anglaise, et la BD ne fait pas partie de sa culture. Donc ma connaissance s'arrêtait à Tintin et Astérix, qui restent cependant mes premières - et majeures - influences. En terme de scénario, on me rapproche parfois de Fred, mais j'avoue mon inculture car je n'ai quasiment rien lu de lui...
 
MB: En BD, qu'avez-vous réalisé avant 9 mois ?
NV: La trilogie Norbert l'Imaginaire: l'histoire d'une relation amoureuse entre Simon et Elodie au départ inhibés. Tout est vécu depuis leur inconscient. Chaque émotion étant personnalisée par un personnage: Norbert l'Imaginaire, représente l'imagination, le Capitaine, la raison. Tous deux s'unissent pour combattre Arnold Depressor, un croisement entre Mussolini et Le Pen, qui incarne l'extrême droite et la dépression rampante. Tout ce théâtre politique a lieu dans la tête de Simon. Cette trilogie, publiée au Lombard entre 2001 et 2004, a été réalisée en collaboration avec Olivier Guéret, co-scénariste. Tout comme l'album suivant, 80 jours, un one-shot publié chez Casterman en 2006. C'est l'histoire d'un homme mourant de 80 ans, qui rajeunit soudain d'un an chaque jour au contact d'une jeune femme.
 
MB: Quelle est la différence entre la BD et le dessin de presse ?
NV: Le dessin de presse, c'est de l'analyse; la BD, de l'émotion. Le dessin de presse, c'est du cent mètres; la BD, c'est du marathon. Dans ma pratique de dessinateur de presse, j'analyse les conflits collectifs. Quand je fais de la BD, je m'interroge sur les conflits personnels. En dessin de presse, je dois avant tout être efficace, alors qu'en BD, je peux me permettre d'être un peu plus "aérien". Je me pose des questions de mise en scène, de cadrage et de rythmique narrative. En dessin de presse, tout est dit en une image. Mais dans les deux cas, j'essaie de m'adresser à l'inconscient, en construisant des images mentales. L'un est complémentaire de l'autre, et la pratique des deux me convient bien...
 

 


    
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