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Chroniques

 

 

 

08 04 2017 : Make Philippe Poutou great again

31 03 2017 : Faites des enfants...

02 02 2017 : Being Donald Trump

01 08 2016 : La dictature de l’instantanéité

02 04 2016 : Raconte-moi des Salah

13 02 2016 : Bruxelles en thérapie

06 02 2016 : La complainte de l’accent circonflexe

09 01 2016 : Jacques le fataliste...

02 01 2016 : Bonne année 2016…

26 12 2015 : Djihad intergalactique

19 12 2015 : Question pour un champion

15 11 2015 : Putain de vendredi 13

10 04 2015 : Faites des enfants…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Make Philippe Poutou great again


La tête de madame Poutou quand elle a regardé le débat entre les onze candidats à l’élection présidentielle française en direct mardi dernier ! « Mon Philou, t’es allé à la télé en oubliant d’enlever ton pyjama ! ».
C’est fou comme un vêtement peut parfois crever l’écran, car que retient-on réellement d’autre de cette joute cathodique aussi longue que « La Belle noiseuse » (Jacques Rivette 1991), film qui durait lui aussi quatre très longues heures, mais qui – nuance de taille – nous permettait de reluquer Emmanuelle Béart nue, histoire de faire passer le temps ?
Eh bien on retient que c’est Philippe Poutou qui a marqué les esprits, avec son accent chantant et ses arguments du Café du Commerce – euh non, il est contre le capitalisme, disons « Café du Kolkhoze », c’est plus révolutionnaire.
Pourtant, il y avait deux autres candidats d’extrême gauche :  Jean-Luc Mélenchon, on peut l’aimer ou pas, n’empêche qu’avec lui, c’est toujours du grand théâtre antique et les défauts inhérents au genre : texte vieillot et un comédien qui aime tellement le son de sa voix qu’il parle tout seul (ou alors à son hologramme), si bien qu’à l’entendre étaler sa culture, on se sent presque complexé de ne pas connaître tout Racine, Corneille et Tchekhov sur le bout des doigts.
Nathalie Arthaud, c’est la même chose à chaque campagne : dès qu’elle ouvre la bouche, j’ai l’impression qu’elle va me casser la gueule.
On pourrait ajouter Jacques Cheminade et François Asselineau, qui ont vu de la lumière et sont rester dîner, ou encore Jean Lassalle, car celui-là, je ne sais toujours pas s’il est de gauche, de droite, d’extrême gauche ou de la planète Mars. Lui non plus, d’ailleurs. Et son accent rocailleux du berger descendu de sa montagne le rendait plus drôle qu’audible. Il vient des Pyrénées, mais il me faisait penser à Ocatarinétabellatchictchix, dans Astérix en Corse. Oui, contrairement à Mélenchon, ma culture s’arrête à Goscinny et Uderzo, c’est pour cela que le Commandante de la gauche insoumise fait de la politique et moi des petits mickeys.
Eh bien vous mélangez Lassalle, Arthaud et Mélenchon, et vous obtenez Philippe Poutou, homme synthétique (comme son pyjama) et que les sondages auraient donc tort de ne pas classer parmi les favoris du 23 avril.
D’autant plus qu’en face de lui, il manque vraiment de candidats fédérateurs, comme au bon vieux temps des élections présidentielles des années 1980. Je parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. On s’en fout, ils regardent Cyril Hanouna - comme Nicolas Dupont-Aignan - et ne lisent pas L’Echo. Mais je trouve que le paysage politique français actuel passe à côté des enjeux réels, faute de programme.
En effet, qu’est-il donc advenu du mythique PLN, le Parti de la loi naturelle, dirigé, souvenez-vous, par le bien nommé Benoît Frappé ? Un parti qui proposait de résoudre tous les problèmes, du chômage à la pollution en passant par les guerres, à l’aide de la méditation transcendantale et du vol yogique. C’est trop compliqué et rigolo à décrire, allez voir sur Internet.
Vous imaginez Benoît Frappé au débat de mardi, assis sur son pupitre en position du lotus ? Là au moins, on aurait ri. Benoît Hamon veut légaliser le cannabis, il en fallait beaucoup pour supporter tout le débat, mais avec le PLN, je pense qu’on aurait pu tenir le coup.
« Benoît Frappé, concernant la politique des travailleurs détachés, que ferez-vous le jour où vous serez à l’Elysée ? ». « Eh bien, les ouvriers polonais referont votre charpente en pratiquant le vol yogique depuis Varsovie, et vous constaterez qu’ils s’élèveront plus vite que tout le monde, votre toiture sera achevée plus rapidement, le monde sera beau et je vais me refaire un petit joint, OK les gars ? »

Bon voilà, avec tout ça, on n’a pas vraiment parlé du fond, j’ai d’ailleurs fait exprès de citer tous les candidats à l’exception des trois favoris, mais après tout, un débat télévisé n’a jamais servi à éclairer les gens, hein ? A quoi servent-ils, alors, ces débats ? A rien, comme les comités de secteur Publifin. Mais au moins, les participants ne sont pas payés. Et Philippe Poutou, lui, il regarde régulièrement l’état de son compte en banque, comme tout le monde.

Ou presque.

 


    
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