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Chroniques

 

 

 

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Djihad intergalactique


Ami lecteur qui lisez ces lignes, le père Noël vous a peut-être déjà livré le dernier vaisseau Lego du Faucon Millenium de Star Wars, qui fait plus de 5000 pièces, bref vous en avez jusqu’au Nouvel An pour le construire, d’autant plus que le mode d’emploi avec les indications de construction fait à lui tout seul 1,8 kg. Je sais que vous l’avez en principe offert à votre fils de huit ans, mais pas question pour lui d’y toucher, question de maturité.


Dans Star Wars, tout est affaire de transmission générationnelle. Luke Skywalker doit tuer son père pour devenir un homme. Charles Michel et Philippe de Belgique sont des fans de Star Wars. Marine Le Pen aussi, sauf qu’elle a tout compris de travers, puisqu’elle ne rêve que d’une chose : devenir Dark Vador.


La grande Force (c’est le cas de le dire) de l’univers de Georges Lucas, c’est qu’il est tellement riche qu’il trouve des résonances dans l’actualité à chaque époque : l’Amérique de Reagan y voyait un reflet de sa lutte contre les Soviets, allant même jusqu’à baptiser son programme spatial militaire… Star Wars. Les épisodes I, II et III, sortis en toute fin de deuxième millénaire, récrivaient la Bible, puisque Anakin (futur Dark Vador) était présenté comme le Messie, fils d’une pauvresse l’ayant élevé toute seule, personne ne connaissant le père. « Il est l’Elu », confessait-elle en le confiant à Qui-Gon, qui allait faire de lui un Jedi. De là à conclure que si Jésus avait fait de vieux os, il serait devenu Dark Vador, il n’y a qu’un pas et je laisse le soin à Monseigneur Léonard de faire la lumière sur cette épineuse question.


Comment dès lors ne pas déceler dans le septième épisode une évocation – fortuite ou pas – de l’actualité ?


La base du scénario du film réalisé par J.J .Abrams (un excellent cru, par ailleurs) est la suivante : le méchant, Kylo Ren, est un Dark Vador des temps modernes. Puisque les rapports de famille sont décidément toujours omniprésents et conflictuels, on apprend très vite qu’il est le fils de… Han Solo et Princesse Leia, dont les rôles originels sont repris trente ans plus tard par les mêmes acteurs, Harrison Ford et Carrie Fisher, ce qui ne nous rajeunit pas, et eux non plus d’ailleurs, c’est un euphémisme.


Solo et Leia, elle-même à la tête de la Résistance luttant contre le nouveau fascisme, ne sont pas là par hasard. Leur regard est sombre, car ils savent que leur fils, Ben, est passé du côté obscur de la Force, pour aller combattre avec les méchants. Mais ils pensent au fond d’eux-mêmes, comme tout parent digne de ce nom, que leur rejeton n’est pas totalement perdu, qu’il lui reste une once d’humanité et qu’ils peuvent encore le sortir des griffes de l’Etat islamique… pardon, du Premier ordre, né des ruines de l’Empire galactique.


Dès le début du film, Kylo Ren a fait tuer tous les villageois, femmes et enfants compris, qui vivaient sur une planète soumise à la dictature, histoire de bien montrer au spectateur que le gaillard a beaucoup de sang sur les mains.


Tout de noir vêtu, son visage est caché par un masque rappelant celui de son grand-père Dark Vador (vous suivez l’arbre généalogique de la famille Skywalker ?), à l’image de Djihadi John qui décapitait à tour de bras face caméra.


Pourtant, très vite, contrairement à son aïeul, Kylo tombe le masque et nous laisse voir son minois juvénile, sosie de Marylin Manson version post adolescent.


Dans la scène clé du film - conçue en véritable miroir du final de « L’Empire contre attaque », quand Vador annonçait à Luke Skywalker le cultissime « Je suis ton père » - Han Solo est à deux doigts de récupérer son fils, tiraillé entre deux destins : le bien ou le mal. On y revient toujours.


Plus tôt dans le film, Han dit à Leia ( à moins que ce ne soit l’inverse) qu’il faut aller chercher leur fils et le ramener à la maison. « Qu’avons-nous fait pour en arriver là ? », ruminent les deux géniteurs éplorés.


Une fois que j’avais fait l’analogie entre Star Wars, épisode VII et le djihad, plus moyen de regarder le film sous un autre angle. En sortant de  la projection, on se dit que ce n’est que du cinéma, de l’invention narrative, ouf.


Mes confrères de Charlie, les clients de l’Hyper Casher, les 130 parisiens du 13 novembre, ceux de Beyrouth du 12 novembre, ceux de Tunisie, d’Inde, du Maroc, etc. n’auront jamais l’occasion de voir ce Star Wars VII. Car rien n’est pire que quand la réalité rattrape la fiction.


Joyeux Noël quand même et à l’année prochaine.
Que la Force soit avec vous. Amen.

 

Dark Vadot

 


    
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