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Madame Ronchard

 

 

 

Présentation

Casting

Prépublication dans Le Vif/L’Express

Premières planches

Making of #01 : Ouverture

Making of #02 : Salle de rédaction

Making of #03 : Café des sports

Making of #04 : Transition

Making of #05 : Une de journal

Making of #06 : Lebourdon et Guerrelasse

Making of #07 : Le Ronchardisme

Making of #08 : Prise d'otage

Making of #09 : Allocution royale

Making of #10 : Les intellectuels

Making of #11 : Corruption

Making of #12 : Le match

Making of #13 : Débat télévisé

Making of #14 : Epilogue

L'interview de Mme Ronchard

Vos commentaires

 

Making of #11 : Corruption – Planches 39, 42 et 43.

     

Ces trois planches ne se suivent pas, car j’ai intercalé la scène des intellectuels phénoménologues au milieu, car cette séquence des intellectuels phénoménologues étant indépendante des autres, elle pouvait aller partout.

 

La planche 39 est un récapitulatif des pages précédentes, avant de partir sur les deux grosses scènes finales, le match de foot et le débat télévisé.

Mais elle relance aussi le rythme général, après la fin de la scène de l’allocution royale, où tout le monde avait retrouvé son calme.
     
Hormis la dernière case et l’insert derrière le présentateur du JT, toutes les cases sont reprises de planches préalables.
Le premier strip revisite la scène d’ouverture.
 
Le strip 2 présente l’un des frangins Scribouille, Balthazar, celui de la télévision.
 
Le strip 3 reprend les Népalais rencontrés lors de l’allocution royale.
 
Seul le dernier strip est nouveau, cela lui confère une importance narrative plus grande. Gédéon quitte le Pleutoultan, en allant de la gauche vers la droite, incitant l’œil du lecteur à tourner la page. La suite de cette case se trouvera sous le soleil romain, une fois Gédéon arrivé à bon port.
 

Autre élément neuf, la photo de Madame Ronchard et de Monsieur Météo. Le texte nous apprend deux choses :
1 : Madame Ronchard est dorénavant prise au sérieux, sa violence ayant payé (nouveau rappel grinçant, les germes de la dictature sont déjà présents), car elle est invitée dans les émissions matinales à la radio qu’on lui refusaient il y a peu.

2 : Monsieur Météo va bien, a rejoint le ronchardisme et, mieux encore, aurait une aventure avec Madame Ronchard.
Puis place à l’intermède des intellectuels phénoménologues – annoncés dans cette planche – avant de retrouver Guerrelasse et Lebourdon pour la préparation de la magouille de corruption.
   
Retour donc sur Guerrelasse et Lebourdon, toujours sagement attablés à manger et à commenter l’actualité.
 
Le lecteur avisé remarquera que l’orthographe en Une du Pleutoultanais libéré est de plus en plus chaotique... Le dialogue accentue le côté grotesque, le lecteur étant chargé d’imaginer la page avec la playmate dont parle Guerrelasse.
 

Ici, je m’amuse à l’autodérision, lançant une pique à mon métier principal : dessinateur de presse. Il est vrai qu’on nous invite partout, surtout en Belgique, à donner notre avis sur tout et n’importe quoi, surtout depuis les attentats contre Charlie Hebdo, après lesquels on a fait de nous les porte-drapeaux de la liberté d’expression, voire de la liberté tout court.

Et quitte à dézinguer tout ce qui bouge dans ce récit, notamment le cirque médiatique, il était de bon ton de m’inclure dedans, sinon c’est pas du jeu.
 

Puis l’histoire redémarre : Lebourdon tente de préparer ce foutu débat que Guerrelasse lui a mis dans les pattes. Toute la séquence repose sur le dialogue, il faut donc trouver des astuces de mise en scène pour rendre cela dynamique.

Après avoir montré un plan large, je vais me rapprocher des visages des personnages, comme s’ils me chuchotaient leur funeste projet, que j’étais mis dans la confidence, moi, lecteur veinard.
 

Le sens de lecture opère en triangle visuel, dont l’œil va ensuite s’émanciper pour lire les nombreux dialogues.

Et comme il y a beaucoup de texte, autant ne pas trop charger les dessins et se concentrer sur les regards, comme une partie de ping-pong entre deux acteurs.
 
La page se termine par un climax visuel, avec cet œil en gros plan quasi abstrait, comme si Lebourdon tentait de nous hypnotiser comme il le fait avec Guerrelasse.
   

La planche 43 a été faite toute seule, à un moment où je n’avais pas vraiment le temps de faire de la BD, accaparé par d’autres jobs. Mais j’avais un trou de quelques heures et je voulais me remettre à la BD, j’ai donc pensé à cette scène qui se trouvait dans le script, basée sur du dialogue.

Là, c’est vraiment du théâtre : le plan est fixe (je fais un gaufrier) et les personnages s’agitent devant nous, chacun son tour.
   

C’est comme un ring de boxe qui anticipe le débat télévisé, avec Lebourdon à gauche de la planche, sur trois cases, exubérant, les mains qui s’agitent ; et Guerrelasse à droite, sur trois cases également, beaucoup plus stoïque, surtout quand il apprend que son patron veut acheter un match de foot.
J’opère une petite gradation dans les fonds : vert foncé pour les deux premières cases de Lebourdon et la dernière de Guerrelasse, vert plus clair pour les autres cases, ce qui donne du rythme à l’ensemble.

Ces six cases sont une planche dans la planche.
 

Pour asseoir définitivement la page, je fais un plan américain reprenant la façade du bureau du Premier ministre, mais je le découpe artificiellement en trois, pour une raison simple : la case du milieu en devient muette, ce qui permet au lecteur d’imaginer la scène où Guerrelasse est vraiment en train d’hésiter par rapport à la demande de Lebourdon.

Il fait sombre, il fait moche, il pleut, le contraste n’en sera que plus grand à la tourne, quand nous survolerons Rome en pleine journée.
 

 


    
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