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Madame Ronchard

 

 

 

Présentation

Casting

Prépublication dans Le Vif/L’Express

Premières planches

Making of #01 : Ouverture

Making of #02 : Salle de rédaction

Making of #03 : Café des sports

Making of #04 : Transition

Making of #05 : Une de journal

Making of #06 : Lebourdon et Guerrelasse

Making of #07 : Le Ronchardisme

Making of #08 : Prise d'otage

Making of #09 : Allocution royale

Making of #10 : Les intellectuels

Making of #11 : Corruption

Making of #12 : Le match

Making of #13 : Débat télévisé

Making of #14 : Epilogue

L'interview de Mme Ronchard

Vos commentaires

 

Making of #05 : Une de journal – Planches 18, 30 et 52.

 

Les Unes du Pleutoultanais libéré permettent à la fois une respiration visuelle tout en accélérant l’intrigue.

 

C’est un procédé que j’ai utilisé dans Norbert l'Imaginaire, au début de ma carrière.

 
     
     

Les Unes de journaux fonctionnent selon le principe de la mise en abîme : le lecteur lit le journal que lisent les personnages. Et se sent donc plus impliqué.

 

J’adore observer la force narrative de la Une d’un journal. A chaque fois que je vais dans un pays étranger dont je comprends la langue (français ou anglais), je tâche toujours de lire les quotidiens locaux. Si l’on n’est pas au fait de l’actualité, on peut vite être perdu par les nouvelles que l’on découvre, qui relèvent souvent du feuilleton ; si l’on rate un épisode, on est vite perdu.

 

Avec internet, on peut être informé en permanence, la presse écrite a donc perdu une grande partie de sa puissance évocatrice. Néanmoins, ici, puisque je veux garder un côté vintage hors du temps, j’appuie ce bon vieux papier journal.

 

Je jaunis un peu le fond, puis j’ajoute de fausses trames en quadri, grâce à un simple effet Photoshop, pour abîmer les images, comme c’est le cas sur un journal imprimé à la va-vite sur du papier de mauvaise qualité.

 

Les trois Unes de journal sont disséminées à divers endroits du livre, pour lui apporter la rythmique adéquate. Dans Norbert, je faisais pareil : trois planches de « Unes ». Pas deux, pas quatre, trois, car c’est le meilleur chiffre pour arriver au bon tempo.

     
 

La planche 18 présente pour la première fois la Une du Pleutoultanais libéré, donc nous avons déjà visité la rédaction.

Le lecteur se sent donc privilégié, puisqu’il connaît les arcanes du journal qu’il tient en main.

 

Trois informations principales se trouvent sur cette page, qui ne doit pas être trop chargée, sinon le lecteur zappera : la météo maussade, en haut à droite ; la blessure de Van Papelaere, au centre ; et l’article sur Madame Ronchard, en bas.

 

Cette page fonctionne comme une BD, sans en être une : il y a des dessins, mais qui ne forment pas des cases.

 

La figure de Van Papelaere, dont on a beaucoup entendu parler, mais que l’on n’avait jamais vu, est importante. Je ne montre le joueur que par le prisme médiatique : images imprimées, pub, télé. Il doit paraître irréel, comme les footballeurs qu’on voit à la télé, dans la vraie vie.

 

Mon modèle était à la fois les footballeurs allemands des années 1980, comme Rudi Völler, ou le joueur belge Toby Alderweireld : bref, des caricatures de footballeurs à coiffures abominables, marque de fabrique de ce sport dont les goûts capillaires ont toujours laissé à désirer.

 
   

Seul le titre importe, au lecteur d’imaginer la suite. Ce titre, très court, contraste avec le long article de Jean-luc Lebrol, sur Madame Ronchard. J’espère que le lecteur lira le papier, car il distille quelques éléments narratifs importants. Si on zappe l’article, on pourra toujours revenir dessus un peu plus tard.

 

Mais je montre aussi Lebrol au travail, puisqu’il signe l’article en question.

 

Détail important : je numérote la page, comme une planche normale, en bas à droite, pour bien montrer que ces pages font bien partie de l’intrigue.

 

 

Pile à la moitié de l’album, planche 30, deuxième Une, nettement plus violente, cette fois-ci.

La météo est toujours la même en haut à droite, mais il n’y a plus cette fois-ci qu’une seule image centrale, le sport étant relégué en haut à gauche, comme titre subalterne, preuve que la situation est grave. Mais cette info sur fond jaune passe néanmoins par-dessus le logo du journal, signe qu’elle a quand-même de l’importance.

 

Pour l’image centrale, je reprends une case de la scène précédente, en l’agrandissant énormément, comme si c’était une image volée au téléobjectif par un photographe amateur qui aurait pris un cliché devant sa télé.

 

Il doit absolument y avoir une gradation par rapport à la première Une, les trois pages de journal disséminées dans l’album se répondant les unes aux autres.

Cette page-là synthétise en plus la scène de l’enlèvement, juste avant, elle la résume autant qu’elle sert de sas d’entrée à celle qui suit, l’allocution royale.

 

Mais je ne manque pas non plus de glisser une troisième info, l’air de rien, en bas de Une : Scribouille a été viré. Cela est expliqué en termes châtiés très politiquement corrects et « corporate », souvent bien plus violents que si la vérité était assénée sans filtre : « Suite à une restructuration interne et un redéploiement stratégique à l’international, notre rédacteur en chef, Gaspar Scribouille – en poste depuis 35 ans – a décidé de prendre un peu de recul et de se consacrer à des projets personnels ».

 

Et j’ajoute qu’il est remplacé par P.D. Walpajawa, faisant écho à la reprise du journal par des Népalais, comme cela nous avait été expliqué lors d’une discussion entre Guerrelasse et Lebourdon, quelques pages plus tôt.

 
 
 

La planche 52 clôture la scène du match de foot contre l’Italie, l’une des plus importantes. Elle donne elle aussi un coup d’accélérateur narratif, avant de passer à la séquence du débat télévisé.

 

Bien entendu, le lecteur va faire la comparaison avec les deux autres Unes et notera que la qualité générale s’est sacrément détériorée. Normal, puisque ce sont des Népalais ne parlant pas français qui s’en chargent, à fortiori sans être payés, comme on le découvrira plus tard…

Tout est de traviole, l’orthographe est catastrophique, mais on comprend quand-même !
 

 


    
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