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Auracan.com,
mai 2006, à l'occasion de la sortie de 80 Jours.
Propos recueillis par Marc Carlot/color>
Le secret pour rajeunir en 80 jours/bigger>/color>
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Nicolas Vadot et Olivier Guéret/smaller>/color>
/smaller>Nicolas Vadot/color>
est probablement beaucoup plus connu par ses dessins de presse qu'il
publie chaque semaine dans l'hebdomadaire belge Le Vif - L'Express,
que par ses albums de bande dessinée. Son complice Olivier Guéret
est, quant à lui, journaliste orienté cinéma et producteur télé.
Après avoir exploré les contradictions de la psychologie humaine
dans la série /color>/fontfamily>
Norbert l'Imaginaire/color>/fontfamily>
(3 albums au Lombard), ils abordent de façon originale le thème de
la vieillesse avec un épais volume, intitulé /color>/fontfamily>
80
jours/color>/fontfamily>,
et publié sous le label Casterman./color>
Une cure de
rajeunissement en 80 jours/color>
Un homme de 80 ans se voit
soudainement rajeunir d'un an par jour. Une idée amusante qui a
germé dans la tête de Nicolas Vadot, il y a quelques années déjà: "/color>/fontfamily>Cette
idée est venue à mon esprit torturé il y a environ cinq ans. Mais je
ne savais pas quoi en faire. Finalement, c'est après avoir réalisé
Norbert l'Imaginaire que j'ai repris ce thème. Plusieurs événements
ont servi de déclencheur pour débloquer cette idée. D'une part,
entre trente et quarante ans, il y a comme un passage de génération
entre les parents et les enfants. Les parents vont vers la retraite,
ils sont un peu perdus face à cette situation inconnue. Tandis que
les enfants commencent à avoir une situation stable, ils voient leur
avenir plus clairement. Ils servent de soutien psychologique à leurs
parents. D'autre part, j'ai pu constater dans mon entourage que le
décès d'un parent est un événement qui met du temps à cicatriser.
Face à ce genre de situation, on est un peu démuni. C'est tout ce
contexte qui a permis de construire une histoire autour de l'idée de
base qu'était ce compte à rebours en 80 jours. C'est dans l'Eurostar
entre Bruxelles et Londres -où ma femme résidait à l'époque- que
j'ai eu le déclic. En deux heures, j'ai déroulé le fil du récit. Et
la semaine qui a suivi, j'ai tapé une première version de l'histoire
sur mon ordinateur. Je l'ai fait lire à Olivier. Il m'a donné une
série de bonnes idées et nous avons retravaillé le texte ensemble.
Nous avons construit le story-board en trois-quatre mois. Ensuite,
nous avons proposé le projet à cinq éditeurs. Il y en a trois qui
l'ont accepté. Un qui a dit "non". Un qui n'a pas répondu./color>/fontfamily>"
Le choix de Casterman s'est finalement imposé, principalement parce
que les auteurs y trouvaient un format parfaitement adapté à la
publication de leur projet, nous explique Olivier Guéret : "/color>/fontfamily>Casterman
était le seul à nous proposer un album de 72 pages grand format.
Idéalement, nous aurions souhaité 80 pages pour que cela colle aux
80 jours, mais ce n'était pas possible car nous passions dans une
tranche de prix de vente trop élevée dans ce cas./color>/fontfamily>"/color>
/color>
Une
collaboration croisée/color>
La collaboration entre les deux
auteurs résulte d'une alchimie où chacun apporte sa touche sur le
travail de l'autre, tant et si bien, que, au final, il n'est plus
possible de distinguer la patte de l'un ou l'autre. C'est un dosage
qui se fait petit à petit, et qui évolue encore au fil de la
réalisation graphique : "/color>/fontfamily>L'écriture
se termine le jour où l'on donne tout l'album à l'éditeur. Car
jusqu'à la dernière minute, jusqu'à la dernière case, les choses
peuvent changer./color>/fontfamily>"
souligne Olivier Guéret. "/color>/fontfamily>Notre
méthode de travail est telle que nous pouvons nous remettre en
question en permanence. Nous ne donnons les planches à l'éditeur
qu'une fois la totalité du récit terminée. Il peut arriver que je
retouche un élément de la page 68, et que, cela m'oblige à modifier
la page 10, par exemple./color>/fontfamily>"
complète le dessinateur./color>
Même si Nicolas Vadot est seul à
dessiner, son comparse suit de près la production des planches, et
lui donne un point de vue critique sur ce travail./color>
Une
implication du lecteur dans le récit/color>
Sans entrer dans des histoires
intellectuelles, le duo aime s'impliquer dans une psychologie des
personnages assez poussée qui tente d'impliquer le lecteur : "/color>/fontfamily>Que
ce soit dans Norbert ou dans 80 jours, cela a toujours été conçu
comme un récit miroir pour le lecteur. On veut qu'il s'approprie
l'histoire et l'interprète avec son regard. Il peut même y voir des
choses auxquelles nous n'avions pas pensé. Il ne s'agit pas de faire
une démonstration en lui expliquant point par point comment on va de
A à B. C'est là toute la difficulté, car il s'agit de donner vie à
des personnages sans donner trop de détails sur leur background. Il
faut que le lecteur puisse injecter son propre vécu dans les trous
que nous laissons vacants./color>/fontfamily>"/color>
/smaller>
L'imaginaire omniprésent/color>
Que ce soit à travers de
séquences oniriques comme dans /color>/fontfamily>
80 jours/color>/fontfamily>
ou dans une perception fantaisiste de nos conflits intérieurs comme
dans /color>/fontfamily>
Norbert/color>/fontfamily>,
l'imaginaire et le rêve sont au centre de l'œuvre des deux auteurs :
"/color>/fontfamily>Ce
sera le thème principal de notre prochain album, où nous suivront un
personnage qui ne dort plus et qui par conséquent n'a plus de rêve/color>/fontfamily>."
Sorte de lien visible qui unit la galaxie de leurs albums, le
personnage de Simon devrait revenir dans ce récit. Il était présent
dans /color>/fontfamily>
Norbert/color>/fontfamily>,
il fait une apparition dans /color>/fontfamily>
80 jours/color>/fontfamily>.
La thématique devrait toujours se focaliser sur l'humain sous forme
de one-shots, en y développant des approches différentes.
Rendez-vous dans deux ans environ pour la concrétisation de cette
idée dans un nouvel album...
Propos recueillis par Marc Carlot/color>.
Auracan.com
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