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La planche 3 telle qu’elle se
trouve dans l’album a été réalisée à trois semaines du
bouclage final, en même temps que la 46. Avant cela, les
dialogues étaient les mêmes, et le dernier strip aussi. Mais
au dessus, on voyait un plan qui se rapprochait, avec Simon,
de dos, l’hiver, sur une plage, face à la mer.
Ce plan, qui m’avait été inspiré par les premières images de
Road to Perdition, de Sam Mendes, n’était pas assez
parlant. (Voir chapitre “Scènes refaites”)
Puis j’ai pensé à ce feu rouge, avec le landau qui passe
devant.
L’idée s’est imposée à moi tout de suite, mais Olivier a mis
plus de temps pour être convaincu.
Pour moi, la charge symbolique était évidente: le feu est
rouge, Simon est à l’arrêt, sa vie aussi.
Sentiment renforcé par le texte, pas vraiment folichon, mais
qui pose l’idée principale du livre, expliquée précédemment: le
sentiment d’abandon.
Cela nous amusait également de mentir au lecteur, du moins
par omission: avec un plan très sobre, presque étranger au
personnage, nous faisons croire que Simon est seul au
volant, ce qui serait logique, étant donné ce qui est arrivé
dans le tome 2.
Le couple au landau doit apparaître comme totalement
anecdotique, alors qu’il est fondamental.
En fin d’album, le lecteur se rendra compte que ce qu’il
vient de mettre trois quarts d’heure à lire n’a en fait duré
que 20 secondes: Simon a eu un flash en s’arrêtant à un feu
rouge. |