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Tous mes albums commencent par une sorte de préface visuelle. L’utilisation de ces pages d’ouverture
reprenant
des éléments se trouvant dans le reste de l’album
me permet de lier un peu plus la sauce, de ficeler le
scénario, narrativement, visuellement et inconsciemment, en
injectant des images mentales qui ont plus d’impact en début
d’album, car l’œil et l’esprit du lecteur sont encore
vierges. Elles agissent ainsi comme sas de décompression :
le lecteur était dans son monde, il va maintenant entrer
dans le mien.
Je possédais cette statuette blanche d’un chat depuis
longtemps, et elle m’a toujours intrigué. Je l’ai
souvent
regardée, en silence, comme Colin, à la fin de
l’album.
Quant au requin, il représente pour moi une métaphore de la
peur de la mort, exactement comme dans « Les dents
de la mer
», de Steven Spielberg.
Je suis fasciné par les requins, en même temps qu’ils me
terrorisent, d’autant plus que j’habite en Australie,
où
l’on doit toujours regarder au loin quand on se baigne dans
la mer, au cas où l’on apercevrait un aileron pointé
vers
soi.
Ces deux éléments de départ sont en fait antinomiques : le
chat, par opposition au requin, est drapé dans une lumière
bleue et représente la vie (même si c’est une statue, comme
Churchill dans « 80 Jours »).
Quand le chaton Junior fera son apparition, une trentaine de
pages plus loin, le lecteur ne fera peut-être pas le lien
avec cette statuette de départ. En revanche, en fin d’album,
lorsque Colin regardera la statuette, on comprendra
la
référence à Junior, dans son monde rêvé. |