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Vos impressions sur Maudit Mardi

 

 

Maudit Mardi, the soundtrack

Volume 2

 

Voici donc la bande originale, version Deluxe, en double CD !
J’ai déjà évoqué les musiques qui m’ont accompagné au moment de l’écriture de l’album, voici celles

qui m’ont marqué durant la réalisation, entre avril 2010 et juin 2011. La plupart des morceaux

ont été abordés, au fur et à mesure, à l’occasion du making-of de l’album.

 

1 : The Tree Of Life – Alexandre Desplat

Très belle BO… que l’on ne retrouve quasiment pas dans le film, mais Terence Malick est spécialiste de la chose. Pour son film précédent, « The New World », James Horner lui avait composé un score entier, qu’il n’a pas utilisé. Ici, la musique de Desplat est très planante, atmosphérique et toute en retenue, à l’image du film.

 

2 : REM – It Happened Today

« It Happened Today, Hip Hip Hurray ». Très ironiques, les paroles de la chanson collaient bien à l’intrigue de Maudit Mardi et cette chanson retrouve des sonorités rappelant « Out Of Time », l’un des meilleurs REM. Rien à faire, à l’instar de U2, j’estime que REM fait preuve d’une maturité qui place le groupe originaire d’Athens dans une autre catégorie.

 

3 : Slumdog Millionaire – A.R.Rahman

Je n’ai pas vu le film, mais je suis tombé presque par hasard sur la musique, en cherchant un fond sonore à l’occasion d’un nouvel an que j’organisais en famille, dont le menu était composé de cuisine indienne ! Au même moment, je dessinais la scène de rencontre entre Achille et Rebecca, et ce morceau me transporte à chaque fois. Un vrai croisement heureux entre Bollywood et la branchitude londonienne. Imparable. Une musique qui rend heureux, comme Achille quand il revoit Rebecca.

 

4 : Jam J – Brian Eno & James

Issue de « Wah-Wah », méconnu OVNI que représente ce disque constitué de chutes de l’album « Laid » de James (1993), dont Brian Eno était le producteur, cette musique m’a accompagné durant tout l’automne 2010, lorsque je dessinais la scène de l’arrivée d’Achille dans Hawkmoon. J’écoutais ça en boucle, soit en faisant mon footing quotidien, soit en fin de soirée. Pas vraiment du « easy listening », mais je trouve le tout absolument passionnant, car expliquant en partie le processus musical de la création d’un disque, me faisant penser à celle d’un album de bande dessinée, lui aussi truffé d’ « outtakes », de fausses pistes, qui serviront néanmoins à façonner le produit final.

 

5 : Emerald and Lime – Brian Eno

Brian Eno (presque) seul, cette fois. Un véritable génie des manettes, qui parvient à transcender la musique de U2, Bowie ou Coldplay, mais qui manque souvent de chaleur dans ses compositions propres, celles-ci ressemblant à de véritables équations musicales. Pourtant, sur cet album, intitulé « Small Craft On A Milk Sea », Eno est parfois touché par la grâce. Et à chaque fois, ces compositions m’évoquent les plages australiennes en début d’automne, lorsque j’écoutais sont album précédent, « Another Day On Earth » sur mon I-Pod, en marchant sur le sable. Des couleurs que l’on ne trouve que là-bas.

 

6 : Pressure’s On – Brian Eno & James

Voir morceau 4. Celui-ci est plus doux que le précédent, mais le plaisir reste le même…

 

7 : A Single Man – Abel Korzienowski

Encore un film que j’ai malheureusement raté, mais je me rattraperai en DVD, car apparemment, c’est un chef d’œuvre. La musique est en tout cas fabuleuse, très mélancolique et poignante. Je l’écoutais en boucle en juin 2010, alors que le départ d’Australie se précisait, qu’il faisait froid à Canberra (c’était l’hiver austral) et qu’il me fallait de la musique qui réchauffe le cœur, alors que je dessinais les scènes où Achille prend le bateau pour Hawkmoon.

 

8 : The Social Network – Trent Reznor & Atticus Ross

Heureusement, cette BO a reçu l’oscar de la meilleure musique originale, sans quoi je serais passé à côté, et quelle perte ! Je connais assez bien la musique de Nine Inch Nails (dont Trent Reznor est la tête pensante), souvent difficile d’accès, torturée et très très bruyante. Ici, au contraire, tout est en retenue, on est plus proche de Clint Mansell, Kronos Quartet ou Mogwai. La tension reste néanmoins palpable en permanence et ce disque m’a servi de coloration musicale pour la scène du maudit mardi, au même titre que « Tron-Legacy », de Daft Punk (voir ci-dessous).

 

9 : Tron : Legacy – Daft Punk

J’adore lorsqu’une musique de film n’est PAS composée par un compositeur professionnel, comme celle de « The Social Network », ou celle-ci, par Daft Punk, groupe dont je n’ai jamais été fan, mais qui nous livre là un travail impeccable, en tous points : de l’emphase, de la tension, du lyrisme et un grand sens de la dramaturgie. Je me souviens avoir envoyé un mail à Olivier Guéret, qui est une encyclopédie ambulante en la matière, lui demandant un conseil dans ses découvertes récentes en terme de BO : « Tron : Legacy ! », me répond-il sans hésiter. Bingo. Il faut toujours faire confiance aux spécialistes.

 

10 : The Green Zone – John Powell

Longtemps considéré comme un sous Hans Zimmer, pour avoir été l’un de ses disciples, John Powell se révèle de plus en plus passionnant. Cette BO ne fait pas exception, distillant une tension constante, alliée cependant à un grand sens de la mélodie. Idéal pour aller courir en fin d’après-midi, ma journée de dessinateur de presse terminée, juste avant de commencer ma soirée d’auteur de BD. Lorsque je suis occupé sur des réglages de mise en scène, sur Photoshop, lors du storyboard préalable, rien de tel que de la musique « anxiogène », qui garde les méninges en alerte, comme celle de « The Green Zone », film remarquable de Paul Greengrass, malgré le fait qu’il se soit totalement planté au box-office.

 

11 : Inception – Hans Zimmer

Je parlais de Hans Zimmer plus haut, le voici à son tout meilleur pour « Inception » . Il y a chez ce compositeur à boire et à manger : du Zimmer « qui tache » (« Pearl Harbor », « Drop Zone », « The Peacemaker ») et du Zimmer « grand cru », comme « Crimson Tide », « The Thin Red Line » et… « Inception ». Un fabuleux film, que la musique a contribué à dynamiser encore plus. Le tout m’a servi de fond sonore pour la fin de la séquence du maudit mardi. Lorsque l’on dessine des personnages poursuivis par des méchants, on a l’impression qu’ils courent plus vite si l’on écoute « Inception » et l’on a tendance à soigner sa mise en scène, en prenant exemple sur Christophe Nolan.

 

12 : The Next Three Days – Danny Elfman

Pour contrebalancer « Inception », du Danny Elfman ne fait pas de mal. Faisant parfois des infidélités à Tim Burton, Elfman s’attaque parfois au film réaliste avec grand bonheur, délaissant les effets « burtoniens » un peu attendus et caricaturaux. Je pouvais utiliser cette musique lorsqu’il s’agissait de dessiner des scènes plus calmes au sein de la séquence du maudit Mardi.

 

13 : Spiderman – Turn Off The Dark – Reeve Carney (musique de U2)

Tiré de la comédie musicale jouée à Broadway et composée par Bono et The Edge, ce morceau est passé en boucle dans mes oreilles alors que je terminais l’album, par ma scène préférée, celle de la rencontre manquée entre Rebecca et Achille. La chanson commence par « You Can Change Your Mind, But You Can’t Change Your Heart » : du pur Bono dans le texte, malin et léger, profond et ironique en même temps. La scène est baignée dans du bleu et du rouge, les couleurs du personnage de Spiderman. Comme quoi, les musiques que j’écoute ont une influence directe sur ce que je dessine. J’aimerais beaucoup entendre une version de ce morceau chanté par Bono, je pense qu’elle en deviendrait très vite un classique U2esque.

 

14 : After – Moby

Moby a écrit son dernier album, « Destroyed », la nuit, en tournée, alors qu’il ne parvenait pas à trouver le sommeil. À mon avis, après deux disques décevants (« Last Night » et « Wait For Me »), le lutin new-yorkais retrouve les sommets de « Hotel », en 2005. Parfait pour dessiner les séquences où Achille erre dans la grande ville, de nuit, of course… « After » est construite en crescendo et à chaque fois que je l’écoute, je ne peux m’empêcher de commencer à danser dans mon bureau, sans que personne ne me voie, ce qui vaut mieux, d’ailleurs…

 

15 : True Grit – Carter Burwell

La musique de Carter Burwell m’a toujours accompagné durant la réalisation de ms albums. Très mélancolique, elle agit chez moi véritablement comme porte d’entrée aux délires imaginaires. Je n’ai pas vu le film des Coen, mais peu importe : la musique me transporte déjà au Far West !

 

16 : The Town – Harry Gregson-Williams

Le film réalisé par Ben Affleck était inégal, lorgnait vers « Heat » sans jamais lui arriver à la cheville, mais comportait néanmoins quelques bons moments, avec une musique très prenante, qui complétait idéalement la palette dont j’avais besoin pour réaliser « Maudit Mardi ». Afin que je me concentre à fond sur mon histoire, je dois avoir en tête une quinzaine de musiques que je vais écouter en boucle, juste pour me vider la tête de tout ce qui pourrait interférer avec mon intrigue. « The Town » en fait partie.

 

17 : Michel Vaillant – Archive

J’ai vu le groupe en concert à Bruxelles en avril 2011, alors que j’étais en plein milieu de la scène de cauchemar au centre de « Maudit Mardi ». Et cela ne pouvait pas tomber mieux : le concert était fabuleux et m’a permis de découvrir certains pans que je ne connaissais pas de ce groupe totalement inconnu dans le monde anglo-saxon, à tel point qu’en Australie, par exemple, il est impossible de trouver leurs disques, alors que ce sont pourtant des Anglais pur jus. Mais je pense que leurs textes sont tellement déprimants que seuls ceux qui ne les comprennent pas les aiment vraiment !! Moi, je comprends tout, mais je m’attarde surtout sur la musique, fabuleuse à écouter à fond la caisse, dans le casque, vers deux heures du matin, en pleine création. Je ne connaissais pas la musique du film « Michel Vaillant », qui est peut-être leur meilleur disque.

 

18 : Lippy Kids – Elbow

On termine par l’un des meilleurs albums sortis en 2011, « Build A Rocket Boys », de Elbow, que j’ai découvert grâce au site du Soir.be, qui l’avait mis en streaming durant quelques jours. Un croisement entre Radiohead et Peter Gabriel, mais avec une identité propre, du « rock adulte », comme l’avait écrit Le Soir, la grâce totale. Idéal pour ponctuer une compilation un peu torturée, mais qui me servira de boîte à souvenir de la réalisation de « Maudit Mardi », tome 1…

 
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