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1 : The Tree Of Life – Alexandre Desplat
Très belle BO… que l’on ne retrouve
quasiment pas dans le film, mais Terence
Malick est spécialiste de la chose. Pour son
film précédent, « The New World », James
Horner lui avait composé un score
entier, qu’il n’a pas utilisé. Ici, la
musique de Desplat est très planante,
atmosphérique et toute en retenue, à l’image
du film.
2 : REM – It Happened Today
« It Happened Today, Hip Hip
Hurray ».
Très ironiques, les paroles
de la chanson collaient bien à l’intrigue de
Maudit Mardi et cette chanson retrouve des
sonorités rappelant « Out Of Time », l’un
des meilleurs REM. Rien à faire, à l’instar
de U2, j’estime que REM fait preuve d’une
maturité qui place le groupe originaire d’Athens
dans une autre catégorie.
3 : Slumdog Millionaire – A.R.Rahman
Je n’ai pas vu le film, mais je suis tombé
presque par hasard sur la musique, en
cherchant un fond sonore à l’occasion d’un
nouvel an que j’organisais en famille, dont
le menu était composé de cuisine indienne !
Au même moment, je dessinais la scène de
rencontre entre Achille et Rebecca, et ce
morceau me transporte à chaque fois. Un vrai
croisement heureux entre Bollywood et la
branchitude londonienne. Imparable. Une
musique qui rend heureux, comme Achille
quand il revoit Rebecca.
4 : Jam J – Brian Eno & James
Issue de
« Wah-Wah », méconnu OVNI que représente ce
disque constitué de chutes de l’album
« Laid » de James (1993), dont Brian Eno
était le producteur, cette musique m’a
accompagné durant tout l’automne 2010,
lorsque je dessinais la scène de l’arrivée
d’Achille dans Hawkmoon. J’écoutais ça en
boucle, soit en faisant mon footing
quotidien, soit en fin de soirée. Pas
vraiment du « easy listening », mais je
trouve le tout absolument passionnant, car
expliquant en partie le processus musical de
la création d’un disque, me faisant penser à
celle d’un album de bande dessinée, lui
aussi truffé d’ « outtakes », de fausses
pistes, qui serviront néanmoins à façonner
le produit final.
5 : Emerald and Lime – Brian Eno
Brian Eno (presque) seul, cette fois. Un
véritable génie des manettes, qui parvient à
transcender la musique de U2, Bowie ou
Coldplay, mais qui manque souvent de chaleur
dans ses compositions propres, celles-ci
ressemblant à de véritables équations
musicales. Pourtant, sur cet album, intitulé
« Small Craft On A Milk Sea », Eno est
parfois touché par la grâce. Et à chaque
fois, ces compositions m’évoquent les plages
australiennes en début d’automne, lorsque
j’écoutais sont album précédent, « Another
Day On Earth » sur mon I-Pod, en marchant
sur le sable. Des couleurs que l’on ne
trouve que là-bas.
6 : Pressure’s On – Brian Eno & James
Voir morceau 4. Celui-ci est plus doux que
le précédent, mais le plaisir reste le même…
7 : A Single Man – Abel Korzienowski
Encore un film que j’ai malheureusement
raté, mais je me rattraperai en DVD, car
apparemment, c’est un chef d’œuvre. La
musique est en tout cas fabuleuse, très
mélancolique et poignante. Je l’écoutais en
boucle en juin 2010, alors que le départ
d’Australie se précisait, qu’il faisait
froid à Canberra (c’était l’hiver austral)
et qu’il me fallait de la musique qui
réchauffe le cœur, alors que je dessinais
les scènes où Achille prend le bateau pour
Hawkmoon.
8 : The Social Network – Trent Reznor &
Atticus Ross
Heureusement, cette BO a reçu l’oscar de la
meilleure musique originale, sans quoi je
serais passé à côté, et quelle perte ! Je
connais assez bien la musique de Nine Inch
Nails (dont Trent Reznor est la tête
pensante), souvent difficile d’accès,
torturée et très très bruyante. Ici, au
contraire, tout est en retenue, on est plus
proche de Clint Mansell, Kronos Quartet ou
Mogwai. La tension reste néanmoins palpable
en permanence et ce disque m’a servi de
coloration musicale pour la scène du maudit
mardi, au même titre que
« Tron-Legacy », de
Daft Punk (voir ci-dessous).
9 : Tron : Legacy – Daft Punk
J’adore lorsqu’une musique de film n’est PAS
composée par un compositeur professionnel,
comme celle de
« The Social Network », ou
celle-ci, par Daft Punk, groupe dont je n’ai
jamais été fan, mais qui nous livre là un
travail impeccable, en tous points : de
l’emphase, de la tension, du lyrisme et un
grand sens de la dramaturgie. Je me souviens
avoir envoyé un mail à
Olivier Guéret,
qui est une encyclopédie ambulante en la
matière, lui demandant un conseil dans ses
découvertes récentes en terme de BO : « Tron :
Legacy ! », me répond-il sans hésiter.
Bingo. Il faut toujours faire confiance aux
spécialistes.
10 : The Green Zone – John Powell
Longtemps considéré comme un sous Hans
Zimmer, pour avoir été l’un de ses
disciples, John Powell se révèle de plus en
plus passionnant. Cette BO ne fait pas
exception, distillant une tension constante,
alliée cependant à un grand sens de la
mélodie. Idéal pour aller courir en fin
d’après-midi, ma journée de dessinateur de
presse terminée, juste avant de commencer ma
soirée d’auteur de BD. Lorsque je suis
occupé sur des réglages de mise en scène,
sur Photoshop, lors du storyboard préalable,
rien de tel que de la musique « anxiogène »,
qui garde les méninges en alerte, comme
celle de « The Green Zone », film
remarquable de Paul Greengrass, malgré le
fait qu’il se soit totalement planté au
box-office.
11 : Inception – Hans Zimmer
Je parlais de Hans Zimmer plus haut, le
voici à son tout meilleur pour « Inception » .
Il y a chez ce compositeur à boire et à
manger : du Zimmer « qui tache » (« Pearl
Harbor », « Drop Zone », « The Peacemaker »)
et du Zimmer « grand cru », comme « Crimson
Tide », « The Thin Red Line » et… « Inception ».
Un fabuleux film, que la musique a contribué
à dynamiser encore plus. Le tout m’a servi
de fond sonore pour la fin de la séquence du
maudit mardi. Lorsque l’on dessine des
personnages poursuivis par des méchants, on
a l’impression qu’ils courent plus vite si
l’on écoute « Inception » et l’on a tendance
à soigner sa mise en scène, en prenant
exemple sur Christophe Nolan.
12 : The Next Three Days – Danny Elfman
Pour contrebalancer « Inception », du Danny
Elfman ne fait pas de mal. Faisant parfois
des infidélités à Tim Burton, Elfman
s’attaque parfois au film réaliste avec
grand bonheur, délaissant les effets « burtoniens »
un peu attendus et caricaturaux. Je pouvais
utiliser cette musique lorsqu’il s’agissait
de dessiner des scènes plus calmes au sein
de la séquence du maudit Mardi.
13 : Spiderman – Turn Off The Dark – Reeve
Carney (musique de U2)
Tiré de la comédie musicale jouée à Broadway
et composée par Bono et The Edge, ce morceau
est passé en boucle dans mes oreilles alors
que je terminais l’album, par ma scène
préférée, celle de la rencontre manquée
entre Rebecca et Achille. La chanson
commence par « You Can Change Your Mind, But
You Can’t Change Your Heart » : du pur Bono
dans le texte, malin et léger, profond et
ironique en même temps. La scène est baignée
dans du bleu et du rouge, les couleurs du
personnage de Spiderman. Comme quoi, les
musiques que j’écoute ont une influence
directe sur ce que je dessine. J’aimerais
beaucoup entendre une version de ce morceau
chanté par Bono, je pense qu’elle en
deviendrait très vite un classique U2esque.
14 : After – Moby
Moby a écrit son dernier album, « Destroyed »,
la nuit, en tournée, alors qu’il ne
parvenait pas à trouver le sommeil. À mon
avis, après deux disques décevants (« Last
Night » et « Wait For Me »), le lutin
new-yorkais retrouve les sommets de « Hotel »,
en 2005. Parfait pour dessiner les séquences
où Achille erre dans la grande ville, de
nuit, of course… « After » est
construite en crescendo et à chaque fois que
je l’écoute, je ne peux m’empêcher de
commencer à danser dans mon bureau, sans que
personne ne me voie, ce qui vaut mieux,
d’ailleurs…
15 : True Grit – Carter Burwell
La musique de Carter Burwell m’a toujours
accompagné durant la réalisation de ms
albums. Très mélancolique, elle agit chez
moi véritablement comme porte d’entrée aux
délires imaginaires. Je n’ai pas vu le film
des Coen, mais peu importe : la musique me
transporte déjà au Far West !
16 : The Town – Harry Gregson-Williams
Le film réalisé par Ben Affleck était
inégal, lorgnait vers « Heat » sans jamais
lui arriver à la cheville, mais comportait
néanmoins quelques bons moments, avec une
musique très prenante, qui complétait
idéalement la palette dont j’avais besoin
pour réaliser « Maudit Mardi ». Afin que je
me concentre à fond sur mon histoire, je
dois avoir en tête une quinzaine de musiques
que je vais écouter en boucle, juste pour me
vider la tête de tout ce qui pourrait
interférer avec mon intrigue. « The Town »
en fait partie.
17 : Michel Vaillant – Archive
J’ai vu le groupe en concert à Bruxelles en
avril 2011, alors que j’étais en plein
milieu de la scène de cauchemar au centre de
« Maudit Mardi ». Et cela ne pouvait pas tomber
mieux : le concert était fabuleux et m’a
permis de découvrir certains pans que je ne
connaissais pas de ce groupe totalement
inconnu dans le monde anglo-saxon, à tel
point qu’en Australie, par exemple, il est
impossible de trouver leurs disques, alors
que ce sont pourtant des Anglais pur jus.
Mais je pense que leurs textes sont
tellement déprimants que seuls ceux qui ne
les comprennent pas les aiment vraiment !!
Moi, je comprends tout, mais je m’attarde
surtout sur la musique, fabuleuse à écouter
à fond la caisse, dans le casque, vers deux
heures du matin, en pleine création. Je ne
connaissais pas la musique du film « Michel
Vaillant », qui est peut-être leur meilleur
disque.
18 : Lippy Kids – Elbow
On termine par l’un des
meilleurs albums sortis en 2011, « Build A
Rocket Boys », de Elbow, que j’ai découvert
grâce au site du Soir.be, qui l’avait mis en
streaming durant quelques jours. Un
croisement entre Radiohead et Peter Gabriel,
mais avec une identité propre, du « rock
adulte », comme l’avait écrit Le Soir, la
grâce totale. Idéal pour ponctuer une
compilation un peu torturée, mais qui me
servira de boîte à souvenir de la
réalisation de « Maudit Mardi », tome 1…
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