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Les 62 premières pages ne sont
en fait qu’une mise en place des huit dernières. Le récit
devient une sorte de décalcomanie puisque tous les éléments
réapparaissent, inversés, et enrichis par la valeur ajoutée
de tout ce que l’on a développé durant l’album: La chambre
d'Edmond, avec maintenant un bébé à la place d'un vieillard,
Juliette qui lui apporte des fleurs et ouvre les rideaux, le
cérémonial des gâteaux, le nounours, la statue de Churchill,
et ainsi de suite jusqu'aux horloges,
l'électroencéphalogramme et finalement le cauchemar du
mur...
Planche 13, Edmond s’était extrait de sa chaise roulante.
Planche 65, il y retourne, sauf que c’est maintenant une poussette.
La scène de rêve où le landau croisait la chaise roulante, trente pages plus tôt, prend
tout son sens.
Edmond ne vouvoie plus Juliette, il la tutoie, car la glace
est définitivement brisée, ils ne sont plus étrangers l’un
pour l’autre. D'ailleurs, il ne la voit plus floue, comme au
début, mais nette... |