|
Winston
Churchill est devenu un personnage extrêmement important
dans cet album, ce qui n’était prévu ni dans le script de
départ, ni dans le storyboard. Mais voilà: à Bruxelles,
j’habitais dans le quartier Churchill, et chaque matin, en
faisant mon footing, je passais devant sa statue qui m’avait
toujours intrigué, au point que je m’étais dit qu’un jour
j’en ferais quelque chose dans un scénario.
Si bien que, planche 15, lorsque Edmond sort de chez lui, il
se retrouve nez à nez avec cette statue, avec laquelle il
dialogue. Edmond, sorte de
mort-vivant, s'adresse à un homme de pierre, figé pour
l’éternité, qui semble le tancer du haut de son piédestal et
lui fait office de statue du Commandeur, l'image du père,
face à ce vieillard qui s’est comporté en Don Juan toute sa
vie. On sent qu’Edmond aurait aimé avoir une destinée
grandiose, à l’image de Churchill.
Et en dessinant Winston, avec son chapeau haut de forme et
son cigare, je me suis aperçu qu’il ressemblait furieusement
à Monsieur i dans Norbert l’Imaginaire, avec la même
fonction: un personnage symbolisant l’inconscient. |